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En 2002, à l’occasion d’un appel à projet européen, un groupe d’associations et institutions verviétoises, ou actives à Verviers, s’est constitué autour de la problématique de la violence intrafamiliale à l’égard des femmes. Cette problématique ne constitue pas, pour ces organisations, le seul objet de leur travail mais est une dimension souvent importante de celui-ci.
A l’issue de ces premières rencontres, plusieurs axes de travail ont été souhaités ; la création d’un répertoire local spécifique des intervenants susceptibles d’aider les femmes rencontrant une situation de violence ; une meilleure connaissance mutuelle des acteurs locaux, base d’un travail réel en partenariat ; la réalisation de campagnes de sensibilisation, d’information ou encore de prévention ; la mise en service d’un numéro d’appel spécialisé ; la formations des intervenants… Il ne s’agit pas de créer un nouveau service mais d’optimaliser les moyens existants et d’assurer l’interface entre ceux-ci. Le site que vous consulter est une vitrine pour ce travail.
Le service DEFIS Vesdre assure la coordination du projet, la représentation du groupe, le soutien logistique du projet y compris pour la recherche des moyens indispensables.
Les membres de ce groupe s’entendent sur les positions suivantes :
· La violence à l’égard des femmes ou dans les relations amoureuses prend différentes formes, violences physiques, violences sexuelles, violences psychologiques, violences verbales, violences économiques…, tout aussi inacceptables l’une que l’autre. Elle s’installe souvent progressivement, dans un processus d’escalade.
· La violence à l’égard des femmes se retrouve dans tout les milieux sociaux et est indépendante de l’âge des personnes.
· La violence est l’expression d’un rapport de domination que l’un des partenaires veut exercer sur l’autre.
· La violence n’est pas inéluctable. Le sentiment d’impuissance souvent ressenti par les proches ou par les intervenants dans l’accompagnement d’une personne victime de violence résulte parfois d’une méconnaissance de la spécificité de la problématique et particulièrement de la dynamique des cycles de la violence.
· Pour une victime de violence, si en parler n’est pas facile et ne constitue pas en soi une solution, c’est le premier pas vers un processus où la victime peut s’approprier son propre devenir en démontant les mécanismes concrets qui perpétuent cette situation.
· Le refus explicite de la violence dans les relations amoureuses par les individus et par les institutions constitue une réaction sociale qui participe à un travail d’éducation.
Pour rappel, la violence dans le couple est un délit punit par la loi. Elle ne peut être tolérée.
Le groupe verviétois de coordination et d’actions en matières de violence à l’égard des femmes ainsi que l’ échevinat de l’égalité des chances de la ville de Verviers est intégré dans un partenariat plus large sous la dénomination Réseau d’action pour l’élimination des violences entre partenaires en Wallonnie et à Bruxelles. A ce titre, nous adhérons au texte fondateur de ce réseau :
RESEAU BELGE D’ACTION POUR L’ELIMINATION DES VIOLENCES ENTRE PARTENAIRES EN WALLONIE ET A BRUXELLES TEXTE FONDATEUR
«(… ) la violence à l’égard des femmes traduit des rapports de force historiquement inégaux entre hommes et femmes, lesquels ont abouti à la domination et à la discrimination exercées par les premiers et freiné la promotion des secondes, et qu’elle compte parmi les principaux mécanismes sociaux auxquels est due la subordination des femmes aux hommes (…) »
Déclaration des Nations Unies sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, Décembre 1993.
Le Réseau belge d’action pour l’élimination des violences entre partenaires en Wallonie et à Bruxelles est composé des différents acteurs travaillant dans le domaine de la lutte contre les violences entre partenaires (maisons d’accueil, refuges pour femmes battues, centres d’aide aux victimes et aux justiciables, associations travaillant avec les auteurs de violences, associations travaillant dans le domaine de la prévention, de la sensibilisation, de l’information et de la formation, centres d’études et de recherches, universités, institutions publiques compétentes, etc.)
DEFINITION DE LA VIOLENCE ENTRE PARTENAIRES
Bien que toute personne puisse être violente ou subir les conséquences d’actes violents, la violence faite aux femmes est plus répandue et revêt habituellement un caractère plus menaçant.
En l’occurrence, et afin de définir le terme « violences entre partenaires », le Réseau se réfère dans un premier temps à la définition du Conseil de l’Europe, dans le cadre de sa recommandation Rec(2002)5 sur la protection des femmes contre la violence :
« (…) le terme de «violence envers les femmes» désigne tout acte de violence fondé sur l’appartenance sexuelle qui entraîne ou est susceptible d'entraîner pour les femmes qui en sont la cible des dommages ou souffrances de nature physique, sexuelle ou psychologique, y compris la menace de se livrer à de tels actes, la contrainte, la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée. (…) ».
A partir de cette définition et dans la logique de la déclaration de l’ONU de 1993, le Réseau convient de définir les termes 'violence entre partenaires' comme suit : tout acte de violence basé sur une discrimination sexuelle marquée par la volonté de prise de pouvoir de l'un sur l'autre susceptible d’entraîner pour la personne qui en est la cible des dommages et souffrances.
En effet, comme il vient d’être souligné, les violences entre partenaires peuvent prendre différentes formes : verbale, physique, sexuelle, psychologique, économique, morale. Elles s’inscrivent dans le cadre d’une relation affective.
VISIBILITE DE LA VIOLENCE ENTRE PARTENAIRES
Comme le relève le Conseil de l’Europe dans l’exposé des motifs de la recommandation précitée, « la violence à l’égard des femmes est demeurée longtemps un sujet non exploré, voire caché ou tabou. Même s’il est certain que l’affirmation et la mise en place de mécanismes visant à protéger les droits de la personne humaine ont servi de base pour lancer la lutte contre les violences, force est de constater que la violence à l’égard des femmes, contrairement à d’autres dimensions de l’inégalité entre les sexes, n’est devenue visible en Europe qu’à partir des années 70-80. La révélation progressive de ce phénomène et de son ampleur coïncide avec la reconnaissance de jure du principe de l’égalité entre les femmes et les hommes. Sous l’impulsion des groupes féministes et des organisations non gouvernementales le phénomène est apparu plus clairement au public : actives à la fois en matière d’assistance pratique et de campagnes publiques, ces organisations ont contribué à ce que la lutte contre la violence à l’égard des femmes soit inscrite au programme des pouvoirs publics ».
CREATION DU RESEAU :
· MOTIFS
En Belgique, en novembre 2001, le Gouvernement fédéral et les entités fédérées (la Communauté française Wallonie-Bruxelles d’une part et la Région wallonne d’autre part) ont décidé de placer la lutte contre la violence à l’égard des femmes comme un objectif prioritaire de leur action en commun et ceci, en élaborant le premier ‘Plan national de lutte contre la violence à l’égard des femmes’.
Pour que l’approche du phénomène de la violence dans les relations entre partenaires puisse être complète et efficace, il est nécessaire de se concerter, d’amplifier les actions et de les placer dans le cadre d’une politique publique intégrée et transversale.
· OBJECTIFS
Le Réseau belge d’action pour l’élimination des violences entre partenaires en Wallonie et à Bruxelles souhaite se situer dans cette perspective et être ainsi :
- un lieu de parole et de réflexion
- un lieu d’échange d’expériences
- un lieu de partenariat pour des actions communes
- un lieu de concertation, de relais et d’interaction avec les pouvoirs publics.
Par la mise en synergie de différentes composantes issues des mondes associatif, universitaire, administratif et politique, le Réseau belge d’action pour l’élimination des violences entre partenaires en Wallonie et à Bruxelles contribuera à promouvoir une meilleure approche du phénomène de la violence et une recherche de nouvelles pistes de solution. |